Poésie, Plaisir des mots, bonheur des phrases et joie des idées, à partager avec chaque lecteur
Moussaillon sur le pont, qu'on n'a pas éveillé, Ne vois-tu les embruns se détacher des vagues? N'entends-tu pas déjà, moussaillon, criailler Les couteaux assoiffés et les sanglantes dagues? . Oh! A l'abordage! Ta chemise à carreaux Danse sur les cordes...
. L’ombre des jours anodins S’arrêtera pourtant ? Voire C’est toujours la même histoire Et l’on s’en lasse sans fin . Quelque callipyge à peine Entrevue ne viendra pas Pour bousculer souveraine Les ruines du nymphéa . L’histogramme hallucinant Des compagnies...
. La décurie sonore a franchi le ravin Les catacombes aussi vibraient sèchement Entends le ton des pas qui bat décidément L'or gris du roc des pics se débattant en vain ! Cramoisis armuriers et vous, perçants devins, Au pur sommet du vol lointain sur...
. Dans la salle de physique On écoute une musique Qui jette du baume au cœur La mémoire avec langueur Compose sa mélodie . Une lumière affadie Descend au fond du cercueil Elle exhume avec un treuil Dans un carcan de cœur rance Ce qui reste de l’enfance...
. Parfois je me souviens de tes joues, de ta face Ronde et ferme ; puis le temps efface ta trace, L’empreinte de tes pas… Tu es dame tranquille, et l’évènement plisse A peine une coquille, à peine une peau lisse Que tu ne corromps pas . Dans cette vaste...
. Dans l’ombre je ferme les yeux L’or noir de la chambre est trop sage Pour mon anxiété d’otage Je suis seul gouffre périlleux . Rideaux tirés, lumière éteinte La solitude à supporter Au moins dans cette cavité Paraît totem prêché sans feinte . Tel un...
Que ce gamin criard aux pouvoirs sans mesure Je voudrais le bouter, m'épargnant la césure D'un seul envoi du pied hors de mon potager ! Dans ce jardinet vert, outrage à l'étranger Qui agresse les plants du petit monastère. Si vous coulez jouir d'un chêne...
Nous n'avons pas besoin d'un tout-puissant otage, D'une divinité qui égrène dans l'air Ses piaillements sereins et ses Pater Noster Comme autant de soufflets, qui propage le culte De sa dure lanière écrasant sous l'insulte Mes gentils liserons, et de...
Le ciel bleu réfléchit l'illusion d'un soir... Proserpine a donné son couteau, sa ceinture Aux prêtres confondus par l'encens des bûchers Et voici revenus les gentils maraîchers S'apprêtant à l'applaudissante couverture Ses cheveux sont noués en chignon...
I Au commencement était le vide Or la nature a horreur du vide Donc, après le commencement, il y eut la fin II Le vide est principe féminin La fin est principe masculin Une portion de fin s'introduisit dans le vide Elle s'appela matière III Des gouttes...
Au jour naissant couve le saltimbanque antique Par un temps immobile, haineux, tout en métal Oppressant et subtil, lune noire magique De mille regards d'or son nouveau piédestal Paysages sans voix que le soleil insulte Arbustes transparents, branche morte,...
. Quand je marche dans la rue Et qu’au hasard d’un trottoir Une sylphide apparue Me saisit du goût de voir Ses mille gerbes fleuries Je me reprends vivement Me détournant sur-le-champ Des trompeuses égéries Car la belle j’en suis sûr Poursuit sereine...
Je vous présente une réflexion inspirée par le souhait du Président de la République, annoncé lors de son allocution au dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), de voir confier à chaque élève de CM2 (donc âgé d’à...
Il fut un temps où l’on découvrait les populations des Amériques Un temps pour les indiens, un temps pour les sauvages Un temps de chien pour la civilisation brillante qui n’avait pas songé qu’en se penchant sur l’Atlantique elle verrait Monstrueusement...
Voici soudain que j'arrive D'une démarche incisive A la croisée des chemins... A la croisée des chemins Prudent je tourne la tête Des nymphées à la sauvette S'évaporent du jasmin Comme de vieux parchemins Au bruit d'espagnolette A la croisée des chemins...
L'air de la mer parfume Comme d'un vent salé Cette étrange amertume De nos regards croisés Pourquoi ? Adieu Majorque, Minorque, Ibiza Et les vacances à deux au Plazza Les rêves sulfureux Dans l'eau chaude hispano-italienne Disparaissent brumeux Disparaissent...
(V) Le sentiment de l'immensité et du vide qui m'assaille lorsqu'à plus de 2000 mètres d'altitude je m'insère dans le cercle magique, dans le cirque des sommets, témoins du monde, n'est rien en comparaison d'un long regard porté sur l'humanité. Ce n'est...
Parfois je sens ce parfum de tulipe On dirait un songe assez broussailleux Mais sitôt la vision se dissipe Au pâle éclat de vers tendancieux. Je regrette fort ce charme fragile Que le talent fait parfois tressaillir ; Dans ce qui reste à la force d’argile...
Regarde ! Sur les pierres fourmillent De petits lézards gris Qui tantôt dans la charmille Demeuraient tout assombris Si la gueule enflée consume La mouche happée par l’enclume Il n’en reste nul débris Froid, le vent ce matin était à son affaire Mais maintenant...
Je vous livre un commentaire rédigé dans l'urgence, sans réelle recherche documentaire et sous l'emprise de l'émotion, relatif à la célébration, ce jeudi 08 mai 2008, par le Président de la République Nicolas Sarkozy, sur la plage de Ouistreham, du 63ème...
Si je savais où trouver Cléopâtre Dans les ondées, les prairies, le bosquet, J’empalerais le bourgeois, la marâtre Au bout mignon… de mon mousquet. Je ne dis pas que la piste s’emmêle, Eclat de la flaque, miroir du jour, Mail les lieux-dits expirant fumée...
Chaque pas lui coûte ; en trébuchant elle avance Mais son regard qui roule, avide de saisir Le bourgeon coloré, la feuille qui s'élance Et des ombrages verts l'invincible plaisir Ne palpe horrifié que squelettes qui craquent En une pluie fournie au milieu...
Aux premiers jours du mois je t’écris cette lettre Pour te dire ma foi comme à l’autel le prêtre Joint les mains à genoux Pour te dire ma foi en la sainte nature L’hiver l’a assoupie, elle s’éveille mûre Les bourgeons sont bijoux Les bourgeons sonnent...
Entre deux édredons ou sur les canapés J'exerce mon talent, et mes griffes funestes Aux arbres de la jungle, à mes cousins drapés De grisante fourrure, arrachent sur les vestes Trois ou quatre boutons et le dernier lacet De l'auguste chaussure ; extrayant...
Méduse ! Ta chair en lambeaux forme une traîne Qu'un essaim de corbeaux s'acharne à becqueter Tu restes immobile au centre de l'arène Où l'éphialtes lacinié vient ôter De tes maigres épaules la feuille mouillée Et le limon boueux que l'os saillant retient...