Poésie, Plaisir des mots, bonheur des phrases et joie des idées, à partager avec chaque lecteur
Si je savais où trouver Cléopâtre
Dans les ondées, les prairies, le bosquet,
J’empalerais le bourgeois, la marâtre
Au bout mignon… de mon mousquet.
Je ne dis pas que la piste s’emmêle,
Eclat de la flaque, miroir du jour,
Mail les lieux-dits expirant fumée grêle
D’un air obtus… à mon séjour
Ont opposé l’inertie, l’eau salée,
Les dos tournés, l’absence de grillon,
Comme déserts… Où s’en est-elle allée ?
Un étranger… attention !
Dans le silence et la nuit je l’appelle…
Chanteurs ! Buvez encore à mon succès
Tandis que ville charmante nivelle
La porte close… à tout accès.
Sa silhouette égare un chasseur d’âme :
Cette liane flexible a des tours.
Quand voit son nez un roi jouant des gammes
L’air tourne autour… de ses atours.
Le soir arrive et la nuit est profonde
Crient les panthères au creux des sillons.
Désespéré le chasseur de Joconde
Devient toujours… l’homme en haillons.
Il gesticule à la vue du vampire
Car son désir d’amour, car son serment,
Crée un encens que l’absente respire :
Visage mort… socle en ciment.
Oh Cléopâtre chanson refleurie
Pleurent les graines bien loin des terreaux.
Bergère emporte ton œuvre marrie,
Baignée par le… sang des héros.