Poésie, Plaisir des mots, bonheur des phrases et joie des idées, à partager avec chaque lecteur
Parfois je sens ce parfum de tulipe
On dirait un songe assez broussailleux
Mais sitôt la vision se dissipe
Au pâle éclat de vers tendancieux.
Je regrette fort ce charme fragile
Que le talent fait parfois tressaillir ;
Dans ce qui reste à la force d’argile
Une source se plaît, qui veut jaillir.
Ce pourrait être un sujet de poème
Qui jusqu’aux nues volerait d’un seul coup.
Bien dissimulé dessous l’anathème
En l’effleurant, par hasard, tout à coup,
L’on ne verrait même pas son feuillage
Et l’encre sur le chemin coulerait
Sans rencontrer jamais le seul passage
Qui fortifie sa source et sa forêt.
En écrivant peu à peu sur la route
On s’arrêterait, pensif, un instant,
Tout étonné : que fait-on ? Et sans doute :
Pourquoi le fait-on ? On lirait à temps
La page, on penserait à autre chose,
A la rime, à l’allitération
Puis, après avoir marqué cette pause,
On se pendrait à l’ancienne action.
Sur les idées, sur les audaces vives
Assurément il détonne ou sourit ;
Regarde et parle peu : tu le cultives
Dessus on ne peut dire à priori.
Il est verger, cyprès, animalcule,
Espoir insaisissable des sommets
Où l’on ne tient guère, un roc qui bascule
Sur l’infini, en lissant ses plumets.
N’essayez pas de tenter une approche
C’est obstacle de versant insensé :
Les meilleurs ont dérapé sur la roche
Et jusqu’en bas ont lentement glissé.
Pour le sommet point de chemin de garde
Mais des mystères soudain assaillis :
On écrit, on cherche, on lit, on bavarde
Quand la licorne bondit du taillis.
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