Poésie, Plaisir des mots, bonheur des phrases et joie des idées, à partager avec chaque lecteur
Aux premiers jours du mois je t’écris cette lettre
Pour te dire ma foi comme à l’autel le prêtre
Joint les mains à genoux
Pour te dire ma foi en la sainte nature
L’hiver l’a assoupie, elle s’éveille mûre
Les bourgeons sont bijoux
Les bourgeons sonnent roux, toute une symphonie
Prends corps dans le branchage, et la harpe infinie
Se mêle à l’océan
Nageons-nous dans la mer, marchons-nous sur la terre ?
C’est un rêve de Lande, un rêve de lumière
Qui se pare d’un paon
Telle s’irise source aux étreintes nouvelles
Que le printemps en feu autour des tiges frêles
On dirait que la glace, épuisée gouttelette
Funambule glissant sur le rameau en fête
Pleure dans le sol mou
L’ultime étoile blanche au midi de la France
Sous mes pas ce matin… hélas ! Plus de faïence
A regagné le ciel
Et la ruche maligne a retrouvé sous l’herbe
La première pétale et la future gerbe
D’un déluge de miel
Je suis si loin de toi que les abeilles brunes
Quand le rêve de toi s’évanouit aux dunes
M’ont tout ensorcelé au vent des sables
Dans les champs, dans les haies leurs ailes résonnantes
Et dans ce bois lointain dont les hauts pins me hantent
Un jour j’y suis allé
Et au bord de l’étang et aux claires fougères,
A l’orée des chemins perdus dans les bruyères
M’ont déjà précédé
Espace ! Espace pur où volent des gazelles
Ici, même les nues semblent universelles
Nul ne peut s’évader
Je te le dis, Espace, à présent renaît l’heure
Où le printemps s’installe en ta vaste demeure
Comme un aigle aux sommets
Du bassin d’Arcachon aux ponts de la Gironde
La nature en l’écrin est plus belle et féconde…
Tu viendras, désormais ?