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Poésie, Plaisir des mots, bonheur des phrases et joie des idées, à partager avec chaque lecteur

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Ballade dans les Landes (II - suite et fin)


Regarde ! Sur les pierres fourmillent

De petits lézards gris

Qui tantôt dans la charmille

Demeuraient tout assombris

Si la gueule enflée consume

La mouche happée par l’enclume

Il n’en reste nul débris


Froid, le vent ce matin était à son affaire

Mais maintenant l’onde solaire

Chauffe les vieux sur le pas de la porte

On cueille le gui

Par la chaleur tout alangui

Et l’on prend place dans la cohorte

Vers la plage, vers les lacs, vers les terrains de tennis

Les parkings y sont pleins de voitures

Les cinémas en feraient une jaunisse

Et tous les dieux de culture


On cueille le houx

Mais pas beaucoup

J’ai ramassé un rameau

Qu’une dame avait fait choir

Elle m’a dit quelques mots

Pleins d’espoir


Derrière un pot de jasmin

Un vieux poste encore alerte

Par la fenêtre ouverte

Aux passants du chemin :

Le temps demeure radieux

Pas un nuage dans les cieux

Ce sont les informations


Au bord du fleuve, en pleine action

Des chevaux font la course furieusement

Ils sont en nage

Mais les cavaliers indifférents

Statuettes de jade

Au pur sommet de la ruade

Tendent le visage

A l’air frais

Les canards derrière eux tracent un sillon parfait


Soudain ils plongent

Et farfouillent dans les herbes sous l’eau

Leur queue pointue est un îlot

Où s’accroche la brume

J’anticipe un principe de plumes

Décochant, malicieux, sur l’arc-en-ciel rapide

Un regard… ils regagnent les songes


Mais l’un d’eux, intrépide

Virevolte et me défie du bec : clic, clac !

Clic, clac chante la pâquerette

Pour lustrer sa chevelure

Elle se mire dans la flaque

La coquette !

Mais le vent n’en a cure

Et une pétale s’envole


On coupe toujours le gui

Par la chaleur tout alangui

J’ôte ma chemise : un geste pour une parole


Le soir j’assiste au retour des bateaux

A l’arrière les enfants parodient

Des scènes étranges de comédie

Ils sont fiers : on leur a donné des drapeaux

A la plage


J’ai couru dans les champs, je suis presque en nage

Et soudain près du bosquet

A l’ombre duquel je me reposais

J’aperçois un merle noir


Doucement j’approche : il ne bouge pas

Il balance sa tête tel un encensoir

A ses pattes des myrtilles : c’était son repas

Il s’en est gavé, il est ivre

Il attend qu’un hoquet le délivre

Seul dans l’herbe du soir


Ils ont coupé du houx

Mais pas beaucoup

Je veux le voir pour le croire


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