Poésie, Plaisir des mots, bonheur des phrases et joie des idées, à partager avec chaque lecteur
Chaque pas lui coûte ; en trébuchant elle avance
Mais son regard qui roule, avide de saisir
Le bourgeon coloré, la feuille qui s'élance
Et des ombrages verts l'invincible plaisir
Ne palpe horrifié que squelettes qui craquent
En une pluie fournie au milieu du fracas
Au milieu de la foudre, au milieu des attaques
Des cris, des fuites, des bruits de pas, des tracas
Vision d'un monde défait et chaotique
Par son unique faute, infini châtiment !
Alors elle court, traînant sa cohorte antique
Les corbeaux croassant saluent l'évènement
Leurs ailes s'élèvent en tempête, et ses loques
Portées par cent becs, ses démons, son châle au sol
Et l'odeur du caveau se répandant suffoquent
Les taupes ébahies tapies dans l'entresol
Mais où aller ? S'éteint la chandelle en folie
Devant elle au vent fort de la destruction
Tu n'as pas de repos, Ô Méduse jolie !
La crécelle criarde boit sa passion
Long et doux, l'hululement soupire en sourdine
Et ces bruits innocents te sont tendre évantail
L'hirondelle emballée ou la mouette chagrine
Au fond de la forêt, grand caravansérail
S'égosillant, comme avec joie tu les écoutes
Mais quand elles viennent vers toi, quand d'un seul coup
Leurs ailes bleutées aux plumes lisses t'envoûtent
Tu les vois s'écraser, vaincues par ton licou
Que faire hélas ! Quel acharnement sur ta tête !
Tant d'années solitaire peux-tu maintenant
Lutter contre le monde, esquiver la défaite ?
Tu as le sang subtil de Pégase menant
Au vif du ciel l'inspiration étoilée
Pour la larme des fées ton regard n'est pas tout
Ferme les yeux... la matière s'en est allée
Ton portrait a séduit l'exigent manitou
Les serpents ont glané la couronne de roses
Le miroir de Persée réfléchit ta beauté
Tu es suprême source de toutes les choses
Et modèle l'azur ta blanche nudité !