Poésie, Plaisir des mots, bonheur des phrases et joie des idées, à partager avec chaque lecteur
La décurie sonore a franchi le ravin
Les catacombes aussi vibraient sèchement
Entends le ton des pas qui bat décidément
L'or gris du roc des pics se débattant en vain !
Cramoisis armuriers et vous, perçants devins,
Au pur sommet du vol lointain sur les ovins
Du haut des tours perçu dans des fourmillements
Escomptiez les romains vaincre les ossements
Et les lames d'acier crisser sur la pierraille...
.
Mais quelle ombre, au pic des hampes étincelantes
Craquelle, alors que la tête casquée tressaille ?
L'acide soleil se vêt d'humeurs violentes,
Se voile ; une crevasse s'entrouvre et rugit
Et le soldat s'apprête aux cris hauts des combats
Les armes sont pointées ; le carré s'assagit
Reculer ? Ils riraient ! L'Empereur - casque bas -
Depuis Rome les voit... Soudain sonne la charge
.
Une malédiction ancienne veille...
Tel brouillard assassin, grinçant, jaillit au large
Suffoquant la mêlée d'un poison qui s'essaye,
Tel rocher roule, écrase un brassard découvert
Quand la goule frappe, hissée du trou d'un ver,
Tel gouffre fou se forme et croule, souverain
De grappes englouties dans son gosier d'airain
Le front glacé se réduit, sous les coups la larme
De sang perle, et arrose de vigueur l'ardent
Chaque squelette, accroché crédule à son arme
Guette, et ne rejoint pas les os d'un précédent
.
Ils combattraient encor le Mal dans ses Tavernes
Dans la main de l'Ange noir, où joue le bacille
Dans le brasier brûlant des profondes cavernes
Et dans l'Arche sans fin, révoltée, qui vacille !