Poésie, Plaisir des mots, bonheur des phrases et joie des idées, à partager avec chaque lecteur
Que ce gamin criard aux pouvoirs sans mesure
Je voudrais le bouter, m'épargnant la césure
D'un seul envoi du pied hors de mon potager !
Dans ce jardinet vert, outrage à l'étranger
Qui agresse les plants du petit monastère.
Si vous coulez jouir d'un chêne centenaire
D'orgueilleuse nature et d'espaces blafards
Des orchidées, des baobabs, des nénuphars
Encourez donc l'assaut de leurs reines racines
Et ne vous vautrez plus, cassant mes aubépines
Sur mon pauvre terrain, parmi les coeurs brillants
Et simples à la fois, les boutons défaillants
Qui souffrent bien un peu d'un soleil de parade
Lorsqu'arrive transi le grenat rayon fade.
Je crains pour mon poirier, mon pré, mon dahlia
Vos princiers mouvements me semblent à quia
Quand la tige se casse et la sève s'écoule
En ruisselets de sang puis en fleuve qui roule
Impuissant pédoncule emporté par les flots
Toi qui parais mon arche des divins complots
Et si proche du sol, ô voûte somptueuse
Par le diamant d'une lumière pieuse
Revêtue, je vengerai votre écrin brisé
Et de l'humble nature le fier alizé
A présent muselé par cet enfant sauvage.