Poésie, Plaisir des mots, bonheur des phrases et joie des idées, à partager avec chaque lecteur
Courir à ma propre perte :
J'aime sa pente déserte
Au moins vont mes pas légers
Loin des pas des voies figées
Sur les pics avantagés
Sur les cimes enneigées
Nul panonceau n'est juché
Nul oiseau n'y est niché !
Tout se perd et tout se froisse
Et l'on est rongé d'angoisse
Par l'amour qui ne s'osa
Par l'égoïsme de l'homme
On se replie sur soi comme
La feuille de mimosa
Mais au bout naît la ravine
Déjà mon sort se dessine
Loin des sillons dévolus
Au passage des élus...
Qui distille goutte à goutte
Sous l'arc glacé de la voûte
La boue bleue par-devers soi ?
A la fin on s'aperçoit
Qu'on n'infléchit point sa route
Et l'on continue tout droit
Corps meurtri après la joute
Oui tout droit vers le fossé !
C'est assez de préfacer
L'âpre pente par le doute !
Nul deus ex machina
Pour la chance abandonnée...
M'assaille d'éclats grenats
L'idylle en moi laminée
Et quand souffle le blizzard
Dans ma vie disséminée
Toute fierté bue fanée
Je suis soldé au bazar
Tel prisonnier de la barge
Pour la marée sans visa
Je rejoins le mimosa
Qui pourrit dans la décharge