Poésie, Plaisir des mots, bonheur des phrases et joie des idées, à partager avec chaque lecteur
Le ciel bleu réfléchit l'illusion d'un soir...
Proserpine a donné son couteau, sa ceinture
Aux prêtres confondus par l'encens des bûchers
Et voici revenus les gentils maraîchers
S'apprêtant à l'applaudissante couverture
Ses cheveux sont noués en chignon d'hirondelle
Son cou de caryatide dégage une aura
Qui brûle comme feu d'un futur opéra
Au chalumeau du vent magnifique tourelle
S'approchent les guerriers, s'approchent les familles
Les enfants jouant dans le pré, les troubadours
Les écureuils venus pour ses yeux de velours
Derrière les vieux les mendiants en guenilles
A la silhouette bleue qui lancera la pierre ?
Le coq s'est tu et les poules couvent leurs oeufs
Aux carrioles, paisibles, attendent les boeufs
Le village s'évanouit dans un cimetière
En robe rouge un prélat perfide se dresse
Tenant à bout de bras l'hypocrite flambeau
Que le ciel d'infamie allège du fardeau
Dans le dur trémolo l'impavide déesse
Soudain un craquement et c'est le désespoir...