Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Poésie, Plaisir des mots, bonheur des phrases et joie des idées, à partager avec chaque lecteur

Publicité

Méduse (I)

 

Dans cet espace clos par l'ombre des feuillages

Ce n'est que terre moite et volutes d'argent

Telles croix desséchées autour des marécages

Les joncs brisés ont bu leur calice de sang

Jusqu'à la haute lie d'inconnues forfaitures

Mais quels crimes commis rejaillissent ainsi

Quelles hontes d'antan, quelles tristes souillures

Dans ces prisons glacées que tient à sa merci

La boue gluante, la boue douce éparpillée


Non, le marais glauque n'est ridé de nul pli

Ni l'air atone d'une chanson criaillée

Les perdrix envolées sont tombées dans l'oubli

Et le vanneau huppé et la poule d'eau rousse

Ont déserté leur nid au milieu des roseaux

Aucun canard sauvage dans l'eau se trémousse

Les veines des rochers se croisent en réseaux

Tout boursouflés, brûlant d'une soif d'impossible


Rien n'a bougé et pourtant... quel événement

Quelle menace crue de toute part sensible

Ecrase ces bas-fonds d'invincible tourment ?

Une forme noire naît dans l'eau qui ondule

Une forme se dessine sous le marais

Et monte par à-coups... le regard incrédule

Suit l'apparition... Ô toi qui demeurais

Dans les vasques subaquatiques, dans les gouffres

Informes, que rapportes-tu de ton passé ?

Quelle peur encore ? Quelle image ? ... Tu souffres ?

Le dieu fourchu enfui, qui donc l'a remplacé ?

Qui forge en bas ces chuintements ? Qui te hante ?


Ciel ! La nymphe putride émerge du linceul

Ayant enfin conclu son éternelle attente

Et déjà le roc roide craint et se sent seul

Oh ! Monstre repoussant, infortunée Gorgone !

A son front emmêlés des serpents écailleux

Lui tressent de leurs noeuds les plis d'une couronne

Et crachent leur venin sur le sol broussailleux

Un sifflement strident peu à peu se propage

D'une tête endormie à cette autre qui prend

Les traits tirés du Sphynx, sinueuse et volage

Souple, souple, se glisse dans l'air aberrant...

Le panier chevelu inquiétant balance

Et accroche parfois le marronnier tombé

Arbre mort tout sec voici longtemps dans l'eau rance

Les corps gluants et froids lacent l'arbre embourbé

 

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article