Poésie, Plaisir des mots, bonheur des phrases et joie des idées, à partager avec chaque lecteur
- Monsieur, Monsieur, excusez-moi d’avoir frappé
D’avoir cogné votre battant sans vous connaître
Mais hélas je suis sur le point d’être attrapé
La rue est encerclée, les soldats vont paraître
Je n’ai rien fait mais je serai bien fusillé
Avant d’avoir pour me défendre ouvert la bouche
Par ces soldats tous les moyens sont employés
Les grands coups de bâton, les erreurs de cartouche
Laissez-moi me cacher entre deux bibelots
Ils porteront ailleurs leur stupide furie
En longeant une rue au sombre aspect pâlot
Les chars qui passeront, pointant leurs batteries
- Je hais autant que vous ce régime assassin
Qui prive un citoyen de toute joie de vivre
Vous pouvez être sûr de mes nobles desseins
Je suis un philosophe, et de liberté ivre
Il convient dans la vie d’illustrer son propos
L’héroïsme toujours m’a paru nécessaire
Se battre pour autrui assure son repos
Sera visé demain qui ce jour laisse faire
Et c’est pourquoi bien sûr, écoutant ma raison
Je vous aurais aidé… en d’autres circonstances
Mais je pourrais être suspect de trahison
Prenez plutôt pour fuir quelque train en partance