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Poésie, Plaisir des mots, bonheur des phrases et joie des idées, à partager avec chaque lecteur

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Epitaphe

 

La dame, le ruisseau et le doux calembour

N'ont pas osé parler de mes saules pleureurs

Comme Simônidès à ses fils ébahis

L'ayant trouvé grandi par l'ombre du caveau

 

Il a vu peu à peu un signe sombre en l'air

Comme on voit quelquefois dans un vol de canards

D'hypoténuse subtile échappés cent becs

Tel triangle en papier dégagé des marais

 

Il a médit des feuilles ployant vers la gadoue

Lui qui passait son temps sur les vagues du ru

Que les crues du printemps emportent son esquif

Vers le noir Akherôn aux eaux bringuebalantes

 

Des racines noueuses ont porté ses sarcasmes

Alors qu'il les sautait, pieds nus, tout en riant

Quand petit intenable à l'heure du goûter

Il courait se cacher sous leurs volutes fines

 

A la goutte suintante, à l'écorce rugueuse

Qui frottaient ses bras blancs d'une mousse si fraîche

(La mue de l'arbre germait sur la peau de l'enfant)

Je crie de déshériter ce traitre, ce vendu

 

Et les rives d'azur, les boucles imprévues

La cascade mignonne jouant sous la pierraille

La pente douce enfin, et gazonnée

Oublient l'empreinte folle si longtemps reconnue

 

Ci-gît l'ingrat suprême du domaine des dieux

 

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